Séisme à Tunis après le fiasco suédois

Le premier couperet du Mondial 2026 est tombé sur les Tunisiens


Le football mondial tient déjà son premier coup de théâtre réglementaire et humain aux États-Unis, au Canada et au Mexique.

Quelques heures à peine après le naufrage retentissant des Aigles de Carthage face à la Suède (1-5) au stade de Monterrey, la fédération tunisienne a tranché dans le vif. Sabri Lamouchi n'est plus le sélectionneur de la Tunisie, devenant ainsi le premier technicien limogé en pleine compétition durant cette édition 2026. Une décision radicale qui illustre la panique totale qui s'est emparée des dirigeants face à cette déroute historique.

Les coulisses du stade de Monterrey ont rapidement pris des airs de tribunal politique dès le coup de sifflet final.

Excédés par la piètre prestation collective, les officiels tunisiens présents au Mexique ont déserté la tribune officielle avant même le retour des vestiaires.

Certains membres du comité exécutif exigeaient un licenciement immédiat, à même la pelouse, alors que le score affichait une humiliation inédite. Après une réunion de crise organisée en visioconférence avec Tunis depuis leur hôtel, le divorce a été acté à l'unanimité.

Chronique d'un naufrage tactique et d'un vestiaire fracturé

Pourtant, la Tunisie s'avançait dans ce tournoi forte d'une réputation de forteresse imprenable bâtie durant les qualifications.

Les Aigles de Carthage avaient validé leur billet mondialiste sans encaisser le moindre but, un exploit partagé uniquement avec l'Angleterre et la Côte d'Ivoire.

Mais cette imperméabilité apparente a volé en éclats sous les yeux de Graham Potter, le tacticien anglais à la tête de la Suède.

Potter a parfaitement su exploiter la vitesse de ses flèches offensives pour exposer les carences criantes du bloc tunisien.

Le calvaire a débuté dès la septième minute sur une relance longue de Victor Lindelöf, provoquant une mésentente tragique entre la charnière centrale et le gardien Mouez Chemak. Yasin Ayari, milieu de terrain né en Suède mais d'origine tunisienne, a profité de l'offrande pour ouvrir le score avant de s'offrir un doublé en fin de match.

Malgré la réduction du score d'Omar Rekik de la tête juste avant la pause sur un caviar de Hannibal Mejbri, la seconde période a viré au cauchemar. Les pertes de balle d'Ellyes Skhiri et les largesses défensives ont permis à Alexander Isak, Viktor Gyökeres et Mattias Svanberg de sceller un score fleuve.

Un management contesté et une rupture inévitable

Au-delà du simple tableau d'affichage, cette débâcle n'est que la conséquence logique d'un climat délétère en interne.

Des tensions brûlantes couvaient depuis plusieurs semaines entre Sabri Lamouchi, son staff technique et les cadres du vestiaire tunisien.

Le manque de cohésion et le déficit de confiance mutuelle ont rendu l'édifice fragile à la moindre tempête. En conférence de presse, l'attitude du technicien franco-tunisien, rejetant l'entière responsabilité du désastre sur les erreurs individuelles de ses hommes, a fini de rompre les derniers liens.

Le défenseur Montasser Talbi a publiquement qualifié cette défaite de cauchemar absolu et de honte nationale face aux supporters.

De son côté, Mohamed Amine Ben Hamida a regretté ces fautes d'inattention fatales qui se paient cash au plus haut niveau planétaire.

Le bilan de Lamouchi s'arrête donc après seulement 152 jours de mandat et cinq petits matchs à la tête de l'équipe.

Avec une seule victoire en amical contre Haïti pour onze buts encaissés au total, son passage restera comme un terrible constat d'échec.

Mondher Kebaier appelé au chevet d'une sélection en péril

Face à l'urgence absolue et à l'impossibilité logistique d'installer un entraîneur extérieur, la fédération a choisi la carte de la continuité interne.

Mondher Kebaier, qui voyageait avec la délégation officielle au Mexique en tant que directeur technique national, reprend les rênes. L'homme connaît parfaitement la maison pour avoir dirigé les Aigles de Carthage entre 2019 et 2022, avec un quart de finale de CAN à la clé.

Il devra assumer seul cette lourde charge psychologique alors que les pistes menant à des adjoints ont toutes échoué.

Les tentatives d'étoffer le staff technique à la hâte ont en effet été balayées par la rigueur administrative.

Anis Boujelbene n'a pas pu obtenir son visa mexicain dans les temps pour rejoindre le groupe en Amérique du Nord. Quant à l'ancien international Wahbi Khazri, pressenti pour endosser un rôle de leader technique, son manque de diplômes FIFA requis l'empêche d'officier sur le banc.

Kebaier se retrouve donc en première ligne pour orchestrer l'opération survie d'une équipe classée au 56ème rang mondial.

L'équation impossible du Groupe F

La situation comptable de la Tunisie s'avère désormais particulièrement compromise au sein de cette poule particulièrement relevée.

Le match nul spectaculaire entre les Pays-Bas et le Japon (2-2) lors de l'autre confrontation installe les Suédois seuls en tête.

Avec zéro point et une différence de buts désastreuse de moins quatre, les Tunisiens ferment la marche et n'ont plus le droit à l'erreur.

Pour espérer voir les huitièmes de finale pour la première fois de leur histoire, la réaction devra être immédiate et totale.

Le calendrier propose deux montagnes russes successives pour le nouveau staff technique des Aigles de Carthage.

Il faudra d'abord défier la discipline de fer du Japon le dimanche 21 juin au stade de Monterrey, avant une finale théorique contre les Pays-Bas. Mondher Kebaier doit reconstruire mentalement un groupe traumatisé par les dix buts concédés lors des deux dernières sorties face à la Belgique et la Suède.

Seule une révolution tactique et un esprit de corps retrouvé permettront à la Tunisie d'éviter une sortie prématurée et sans gloire.