Sénégal-Arabie Saoudite : les Lions du Teranga en crise

Les Lions du Teranga s'enfoncent dans le doute face aux Faucons Verts

Le sursaut d'orgueil attendu n'a pas eu lieu.

Aligner l'artillerie lourde avec Sadio Mané et ses lieutenants pendant quatre-vingt-cinq minutes n'a pas suffi à masquer les carences actuelles du Sénégal. 
 Face à une Arabie Saoudite remaniée, qui a pourtant injecté huit remplaçants dès la soixantième minute, les vice-champions d'Afrique ont livré une prestation d'une pauvreté technique affligeante. 
 Ce match nul sonne comme un sérieux avertissement pour une équipe qui semble avoir perdu sa boussole.

Les Saoudiens ont dicté leur loi au milieu de terrain. Leur jeu basé sur de petits ballons rapides et des redoublements de passes a totalement asphyxié le bloc sénégalais. Incapables de presser efficacement, les hommes de l'Afrique de l'Ouest ont couru après le cuir, se contentant de rares incursions offensives sans grand danger.

La maîtrise collective était clairement du côté de Riyad.

Une nervosité exacerbée et des coulisses explosives

Le point de non-retour a été atteint avec l'expulsion de Nicolas Jackson. Son coup de sang traduit une frustration profonde et une tension qui dépasse largement le cadre du rectangle vert. 

 Cette nervosité excessive trahit des fractures internes évidentes au sein de la tanière. Comment garder la tête au jeu quand le sélectionneur national travaille sans contrat officiel et attend toujours ses salaires ?

Le malaise ne s'arrête pas aux frontières du terrain. 

 Le récent voyage aux États-Unis a tourné au fiasco logistique et psychologique pour la délégation sénégalaise. 

 Entre le scandale du bus bloqué, les fouilles humiliantes sur le tarmac de l'aéroport et la découverte de substances suspectes dans les bagages de certains joueurs, le climat est devenu toxique. Ces feuilletons extrasportifs polluent mentalement un groupe en perte de repères.

Le spectre d'une élimination précoce au premier tour

Après la gifle reçue contre les États-Unis et ce nul indigent, le Sénégal ne fait plus peur. L'ombre du Maroc, nouveau roi incontesté de l'Afrique, plane sur les esprits sénégalais qui semblent obsédés par la perte de leur coupe continentale. 

 Ce traumatisme freine l'élan d'une génération dorée désormais sur le déclin. 

 La confiance s'est évaporée au pire des moments.

Le calendrier qui se profile s'annonce dantesque pour les Lions. Défier la France, la Norvège puis l'Irak relève désormais du parcours du combattant. 

 Quand on voit les difficultés éprouvées face à l'Arabie Saoudite, l'Irak, qui vient de tenir tête à la puissante Espagne, représente un danger mortel. 

 Si le staff ne provoque pas un électrochoc immédiat, le finaliste de la CAN pourrait bien plier bagage dès la phase de poules.