Tunisie : Sabri Lamouchi limogé, Hervé Renard débarque

Le grand ménage fédéral secoue Carthage


Le football tunisien n'aime pas le surplace et vient de le prouver de la manière la plus radicale. Fraîchement élu en janvier 2025 pour extirper la fédération d'un enlisement administratif chronique, le bureau de Moez Nacciri a tranché dans le vif.

À peine le coup de sifflet final a-t-il retenti que les dirigeants se sont engouffrés dans une cellule de crise pour acter le divorce. Sabri Lamouchi prend la porte, emportant avec lui les derniers vestiges d'une transition qui n'aura jamais vraiment pris racine.

L'onde de choc est totale mais calculée. Le porte-parole de l'instance, Moez Mustiri, a officialisé la sentence devant les médias sans trembler.

Pour lui succéder et redresser la barre en vue du rêve mondialiste, la Tunisie sort l'artillerie lourde : Hervé Renard. Le sorcier blanc reprend les commandes d'un navire en plein tangage, tandis que l'intégralité du staff sortant subit une purge immédiate.

Les coulisses financières d'un divorce express

Limoger un sélectionneur blindé par un contrat courant jusqu'en 2028 relève du suicide financier ou du coup de poker.

La fédération tunisienne s'est retrouvée face à un gouffre financier vertigineux, menacée par de lourdes indemnités de rupture. Heureusement pour les finances fédérales, un accord à l'amiable a été arraché in extremis avec le technicien franco-tunisien.

Cette issue évite aux Aigles une bataille juridique épuisante devant les tribunaux de la FIFA.

Sur le plan logistique, l'urgence administrative a pourtant dicté sa loi.

La volonté d'intégrer Anis Boujelbene pour apporter une touche locale s'est fracassée sur le mur des visas américains.

Face à cette impasse bureaucratique, les décideurs ont dû improviser dans l'urgence. C'est finalement Mondher Kebaier qui a été propulsé en première ligne, profitant de sa présence sur le sol américain.

Le spectre de France 1998 plane sur les Aigles

Cette crise de nerfs en plein tournoi réveille de vieux démons bien connus des supporters tunisiens.

L'histoire bégaie et nous ramène inévitablement au Mondial français, il y a près de trente ans.

À l'époque, Henri Kasperczak avait été éjecté après seulement deux apparitions manquées en phase de poules. Ali Selmi avait alors ramassé les morceaux pour arracher un nul d'honneur face à la Roumanie.

Hervé Renard parviendra-t-il à briser ce plafond de verre historique ? Le défi s'annonce titanesque. Mais le technicien français carbure à l'adrénaline et adore ces missions commando. Le public de Radès retient son souffle en attendant le verdict du rectangle vert.