L'absence d'adversaires de prestige pour les Lions Indomptables n'a plus rien d'une anomalie passagère.
C'est même le triste reflet d'une réalité amère pour le football camerounais.
Les géants d'Europe, d'Amérique du Sud ou d'Asie tournent le dos à cette nation historique.
Pourtant, ces sélections cherchent activement des sparring-partners africains de haut vol avant les grandes échéances mondiales.
Mais pourquoi éviter Yaoundé à tout prix ?
Le chaos institutionnel comme repoussoir
Le football de très haut niveau exige une rigueur logistique absolue.
Or, la guerre d'ego permanente entre la Fédération camerounaise (Fécafoot) et la tutelle ministérielle effraie les partenaires potentiels.
Programmer une rencontre face au Cameroun s'apparente aujourd'hui à un véritable coup de poker.
Les fédérations majeures redoutent les fiascos organisationnels de dernière minute.
Elles gardent en mémoire les tristement célèbres affaires de primes non payées et les menaces de grève des joueurs.
Une identité de jeu en perdition
Pour préparer un choc face au Ghana, Maroc,Sénégal ou à la Côte d'Ivoire, un sélectionneur européen a besoin d'un test grandeur nature.
Il lui faut un adversaire structuré, doté d'un projet de jeu clair et d'une véritable cohésion.
Ce n'est malheureusement plus le cas de la sélection camerounaise actuelle.
Rongée par l'instabilité sur le banc de touche et les ingérences dans les listes, l'équipe a perdu son redoutable mordant tactique.
Sur le plan purement sportif, affronter un collectif en plein doute n'apporte aucune garantie d'apprentissage.
L'image de marque sérieusement écornée
Il ne faut pas s'y tromper, les matchs amicaux internationaux représentent d'énormes enjeux financiers.
On parle ici de droits télévisés colossaux et de contrats de sponsoring lucratifs.
Les grandes nations veulent vendre du rêve, du prestige et du spectacle à leurs supporters.
Elles fuient logiquement les sélections dont l'actualité est rythmée par les scandales, les communiqués incendiaires et les règlements de comptes.
En fin de compte, le capitalisme sportif déteste l'incertitude.
Si les Lions Indomptables faisaient trembler le monde entier autrefois, leur environnement toxique les isole aujourd'hui de la cour des grands.










