Ammouta à Al Ahly : le grand ménage du Club du Siècle

Le séisme du Caire : Ammouta débarque pour éteindre l'incendie

Le Club du Siècle ne répond plus, alors il change tout.

Face à une crise sportive sans précédent qui fait trembler les pyramides, la direction d'Al Ahly a tranché dans le vif en nommant le tacticien marocain Hussein Ammouta sur son banc.

Le bail est d'un an, payé 1,2 million de dollars, avec une mission commando : reconstruire un empire en ruines.

Sous la pression maximale d'un environnement médiatique volcanique, le Lion de l'Atlas s'installe aux commandes du géant égyptien.

Cette arrivée fait suite au fiasco total du modèle danois incarné par Jess Thorup.

Depuis le départ du très regretté Marcel Koller en mi-2025, la maison rouge a sombré dans une instabilité chronique.

Une élimination piteuse en Coupe d'Égypte combinée à une sortie de route en Ligue des champions face à l'Espérance de Tunis a scellé le destin des prédécesseurs.

Le coup de grâce est venu du championnat, où le club a échoué à une piteuse troisième place derrière le Zamalek et Pyramids.

Le verdict historique fait mal au peuple d'Al Ahly.

Pour la première fois depuis 27 ans, l'ogre cairote rate le train de la Ligue des champions de la CAF et doit se contenter de la Coupe de la Confédération.

La fin de saison a viré au vaudeville avec une plainte officielle déposée contre l'arbitre Mahmoud Wafa, accusé d'avoir bousculé Trezeguet. Cette atmosphère toxique exigeait un grand ménage de printemps.

La révolution de Mahmoud El Khatib et le retour de la discipline

Le président légendaire n'a pas fait dans la demi-mesure le 4 juin 2026.

Sur proposition de Yassin Mansour et Sayed Abdel Hafiz, la direction a balayé l'ancienne structure administrative.

Le coup de maître s'appelle Wael Gomaa, nommé Directeur du football. Le retour de ce monument de la défense vise à instaurer une discipline de fer dans un vestiaire en autogestion.

L'organigramme fait peau neuve à tous les étages.

Mohamed Youssef prend les rênes du secteur des jeunes et Essam Serag El-Din s'installe à la cellule recrutement.

La section féminine n'échappe pas à cette refonte avec la nomination de Shady Mohamed. Pour parfaire la réorganisation, Abdel Moneim Shatta veillera désormais sur les académies du club.

Sur le plan financier, Al Ahly a dû faire preuve de malice pour combler le manque à gagner continental.

Le club a bouclé le transfert du jeune prodige de 18 ans, Hamza Abdelkarim, au FC Barcelona pour 2 millions d'euros nets.

Une transaction cash avec un pourcentage à la revente particulièrement intelligent.

Cette rentrée d'argent frais offre une bouffée d'oxygène bienvenue à la nouvelle cellule de recrutement.

Les chiffres secrets du contrat : Un deal ultra-sécurisé

Le salaire d'Ammouta a fait l'objet de toutes les spéculations dans les médias arabes.

Si la presse européenne évoquait un contrat mirobolant de 210 000 dollars par mois, la réalité est plus pragmatique.

Le Marocain touchera un salaire fixe de 100 000 dollars par mois.

La direction a imposé un plafond strict de 120 000 dollars mensuels pour le coach et l'ensemble de ses adjoints.

Cette structure contractuelle protège parfaitement le club égyptien.

Après avoir payé de lourdes indemnités à Jess Thorup, Al Ahly s'offre une flexibilité cruciale. Une clause libératoire de trois mois maximum est incluse dans l'accord.

Le staff technique, composé uniquement de techniciens marocains pour l'analyse et la préparation physique, coûte entre 20 000 et 30 000 dollars par mois.

Le pragmatisme du 4-2-3-1 contre la tempête médiatique

Ammouta n'est pas un poète, c'est un gagneur pragmatique.

Ancien milieu défensif de devoir, son style privilégie le bloc compact et les transitions fulgurantes.

Son système préférentiel en 4-2-3-1 exige un travail défensif colossal de la part des ailiers. C'est exactement cette solidité qui a séduit le board, alors que la défense rouge a encaissé 24 buts la saison passée.

Son CV parle pour lui à travers l'Afrique et le Moyen-Orient.

Vainqueur de la Ligue des champions avec le Wydad en 2017 contre Al Ahly, il a aussi brillé avec le Maroc B' et la Jordanie. Pourtant, sa nomination a déclenché une polémique nationaliste absurde lancée par Hassan Shehata. L'ancien sélectionneur égyptien a milité pour une solution locale comme Hossam El-Badry, qualifiant le Marocain de coach étranger.

La presse marocaine a immédiatement crié au scandale face à ce deux poids, deux mesures. Les critiques rappellent que Shehata avait été accueilli à bras ouverts à l'instar des techniciens européens surpayés.

Ammouta démarre son aventure avec les pleins pouvoirs techniques pour purger l'effectif des cadres vieillissants. La Coupe de la Confédération sera le laboratoire idéal pour imposer sa loi et ramener Al Ahly au sommet.