Oubliez le score brut de ce galop d'essai.
Face à une Norvège solidement armée, les Lions de l'Atlas ont transformé la pelouse en un laboratoire tactique absolument fascinant.Une masterclass tactique signée Ouahbi
Dès le coup d'envoi, l'ADN des U20 de Mohamed Ouahbi a sauté aux yeux de tous les observateurs. Les spectateurs ont assisté à un festival de transitions défensives-offensives d'une fluidité et d'une rapidité déconcertantes. Le technicien a dicté sa loi avec un plan clair : se projeter verticalement et sans la moindre hésitation dès la récupération du cuir.Sur l'échiquier, l'animation marocaine s'est révélée redoutable. Le système oscillait avec une flexibilité rare, affichant un 4-2-4 ultra-offensif avec le ballon, qui se muait en un 4-4-2 hermétique à la perte.
La consigne des cinq secondes pour étouffer l'adversaire par un contre-pressing agressif a totalement asphyxié les relances scandinaves.
Cette première mi-temps mémorable a également mis en lumière une mobilité collective bluffante.
Les permutations incessantes des joueurs de couloir ont rendu le bloc adverse complètement stérile. Au cœur de ce tourbillon, l'incontournable Brahim Díaz a survolé les débats, s'offrant un but splendide en plus de distribuer les caviars à ses partenaires.
Ombres au tableau et gestion des risques
Tout n'a pas été parfait dans ce rouleau compresseur, notamment à cause d'un Youssef Belammari apparu parfois en décalage, un ton en dessous de l'euphorie ambiante.
Quelques scories évitables au milieu de terrain auraient pu coûter cher face à un réalisme plus assassin. Le réalisme offensif a péché, car le tableau d'affichage aurait dû être bien plus lourd à la pause.
Le tournant du match reste sans conteste le sort cruel réservé à Abde Ezzalzouli et Noussair Mazraoui. Ces pépins physiques ont légitimement douché l'enthousiasme général avant les joutes mondiales.
Prions pour que la nature de leurs blessures ne vienne pas gâcher la fête qui s'annonce.
Un banc royal pour les ambitions mondiales
Le second acte a vu le rythme chuter drastiquement sous l'effet de changements massifs opérés par le staff.
Ce recul tactique, totalement prémédité, visait d'abord à préserver les organismes après les alertes physiques du premier acte. La Norvège en a profité pour arracher l'égalisation, un moindre mal au vu du scénario global.
Mais le véritable enseignement réside ailleurs : le Maroc possède aujourd'hui deux équipes de niveau similaire. Cette profondeur de banc exceptionnelle s'avère être l'arme absolue pour aller chercher des titres majeurs.
Malgré les rotations, le onze national a gardé la mainmise sur le jeu, faisant passer une nation européenne respectée pour une équipe de seconde zone.
À une semaine du choc tant attendu face au Brésil, l'état de santé d'Abde Ezzalzouli cristallise toutes les attentions, lui qui reste le détonateur numéro un de l'attaque.
Le staff technique sait exactement sur quels leviers appuyer pour gommer les dernières imperfections. La route vers la Coupe du Monde 2026 américaine est lancée, et les Lions rugissent déjà très fort.










