L'Égypte face à son destin américain en 2026
Le football africain retient son souffle pour le grand retour des Pharaons sur la scène planétaire.
Pionnière absolue du continent, la sélection égyptienne s'avance vers l'édition 2026 avec un appétit féroce et un lourd héritage à porter.
Qualifiés brillamment après un parcours impérial et invaincu lors des éliminatoires de la zone CAF, les hommes du Nil ont composté leur billet pour les pelouses nord-américaines.
Cette quatrième campagne mondiale représente bien plus qu'une simple compétition pour le peuple égyptien.
Derrière les projecteurs braqués sur Mohamed Salah, une anomalie statistique vieille de près d'un siècle escorte l'histoire de cette nation.
Le septuple champion d'Afrique court toujours après sa toute première victoire en phase finale de Coupe du monde.
1934-1990 :
L'histoire d'amour et de frustration entre l'Égypte et le Mondial commence à Naples lors de l'été 1934.
Premier représentant du monde arabe et de l'Afrique à fouler ce sol, le onze égyptien s'inclineface à la Hongrie sur le score de quatre buts à deux.
Ce jour-là, l'attaquant légendaire Abdulrahman Fawzi inscrit un doublé historique et grave son nom à jamais dans les annales du sport africain.
Il faudra ensuite patienter cinquante-six longues années pour revoir les maillots rouges dans la compétition suprême.
Sous les ordres du tacticien rigoureux Mahmoud El-Gohary, la génération 1990 débarque en Italie au cœur d'un groupe de la mort terrifiant.
Les Pharaons bousculent l'Europe en accrochant d'abord les Pays-Bas champions en titre grâce au penalty mythique de Magdi Abdelghani.
Un nouveau nul vierge contre l'Irlande fait vibrer le pays avant qu'une courte défaite face à l'Angleterre ne brise le rêve des huitièmes de finale.
Malgré l'élimination précoce, cette équipe quitte l'Europe la tête haute et avec le respect du monde entier.
L'amertume de la Russie et le grand défi de 2026
En 2018, le technicien argentin Héctor Cúper brise enfin la malédiction des vingt-huit ans d'absence en guidant ses troupes en Russie.
Portée par un enthousiasme populaire sans précédent, l'aventure tourne pourtant au cauchemar collectif malgré le talent de Mohamed Salah.
L'Uruguay arrache la victoire dans les derniers instants du premier match avant que la Russie ne surclasse les Pharaons.
Le duel fratricide contre l'Arabie Saoudite scelle un bilan dramatique de trois défaites consécutives.
Seule l'histoire retiendra l'exploit d'Essam El-Hadary, devenu le joueur le plus âgé du tournoi en stoppant un penalty mémorable.
Salah peut-il briser la malédiction des 92 ans ?
Le bilan global de l'Égypte affiche désormais sept rencontres disputées pour deux nuls et cinq revers.
Cette incapacité chronique à s'imposer depuis 1934 pèse comme une ombre sur le football national.
L'édition 2026 offre une opportunité de rédemption unique à la génération dorée de Mohamed Salah.
À l'aube de ce tournoi, la véritable question n'est plus de savoir si l'Égypte peut rivaliser, mais si elle possède les armes mentales pour gagner.
Les coéquipiers de la star de Liverpool devront puiser dans leur orgueil pour effacer plus de quatre-vingt-dix ans de disette mondiale.










